N°1 – Tony – Quelques éléments sur la langue japonaise

Complet Article

« Sûrement très complexe » pour certains, « Assurément incompréhensible » pour d’autres… Pourtant, la langue japonaise n’est pas si difficile, elle est juste « différente ». Et ce, surtout pour les occidentaux, plus habitués à un système alphabétique.Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que la logique de cette langue est à l’opposé de celle du Français :

un verbe vient toujours en fin de phrase, et ne se conjugue pas selon la personne (je, tu , il…etc)
Les adjectifs ne s’accordent pas non plus avec le sujet. Ils sont donc invariables en genre et en nombre (pas de féminin ni de masculin ; et pas de singulier ni de pluriel). Exemple :

白い 車 です « shiroi kuruma desu » = c’est (ce sont) une (des) voiture(s) blanche(s)

Les noms aussi ne varient ni en genre ni en nombre. C’est le contexte qui précisera. Exemple :

着物 です « kimono desu » (c’est un kimono / ce sont des kimonos)

ni « être » ni « avoir » ni aucun verbe auxiliaire d’ailleurs (pouvoir, devoir, vouloir, etc).

il n’existe que 2 temps : « l’accompli » et le « non-accompli ». Ce n’est que le sens de la phrase qui déterminera les valeurs « passé », « présent » ou « futur ».

aucune obligation de respecter la règle immuable du « sujet-verbe-complément » si caractéristique de notre langue. Le Japonais se fonde plus sur une structure simple et souple de type « thèmecomplément», très souvent agrémentée de particules de toutes sortes en fin de phrase pour permettre d’indiquer, par exemple, l’état émotionnel (surprise, colère, etc)…

合気道 いる « aikido ni iru » (je pratique l’aïkido)

フィリップ 私 の 先生 です « Filippu wa watashi no sensei desu » (Philippe est mon professeur)

おもしろい 。 « Omoshiroi na » (tiens, c’est intéressant)

面白い « Omoshiroi ne » (c’est intéressant, pas vrai ?)

Nous pouvons donc déjà assurer que la pratique orale du Japonais est réellement accessible. Par contre, vous vous en doutez, l’apprentissage de son écriture est, quant à lui, beaucoup plus long… Une écriture qui est venue de Chine au VIIème siècle. A cette époque, les Japonais savent déjà parler la langue, mais ne possèdent pas de système d’écriture, contrairement à la Chine qui est un pays plus avancé techniquement. C’est donc petit à petit que les Japonais vont s’imprégner de la culture chinoise et finir par adopter leur système d’écriture, à savoir, les idéogrammes chinois, ou kanji. Mais ces idéogrammes ne sont pas tous adaptés à leur langue. En général, la prononciation est semblable, mais pour beaucoup la signification diffère. De plus, les kanji chinois sont composés de beaucoup trop de traits et sont trop nombreux (environ 60.000). C’est pourquoi, quand les Japonais commencent à s’écarter des Chinois et de leur culture vers la fin du VIIIème siècle, ils vont les simplifier :

Et aussi créer 2 nouveaux systèmes d’écriture simplifiée conçus pour être appris et tracés plus facilement. Ce sont les kana :

Les hiragana: syllabaire de 50 sons utilisé aujourd’hui pour donner la lecture des kanjis et écrire les mots japonais auxquels ne correspond aucun kanji.

Les katakana : syllabaire de 50 sons qui sert principalement à traduire les noms et mots étrangers, ainsi que les onomatopées.

Exemple : チ-ズ « chīzu » de cheese = fromage comme en anglais Les japonais peuvent aussi retranscrire leurs sonorités dans l’alphabet latin, appelé romanji (voir les exemples)

Aujourd’hui, la langue japonaise est quand même réputée pour être l’une des plus dures au monde. Les écoliers apprennent encore environ 1000 kanji en primaire et 1000 en secondaire. Ajoutons que le japonais a aussi gardé du chinois ancien l’usage d’écrire les textes par colonnes, de haut en bas, et en commençant par la droite. Donc le sens de lecture d’un livre écrit en japonais est opposé au système latin, notre dernière page est leur première, c’est-à-dire que le début est au verso du livre qu’on lit de droite à gauche et de haut en bas…

Publications similaires

  • N°5 – Tony – Découverte du Iaïdo

    Littéralement la « voie de l’unité de l’être »

    Ou « l’art de dégainer le sabre et de couper en un seul mouvement »

    (Ne pas confondre avec le kendo, qui est aussi une pratique de sabre mais combative)

    Le Iaï-do est un art martial japonais ancien, non combatif, qui se pratique seul avec un katana (vrai sabre) qui peut être utilisé avec une ou deux mains. Il mesure de 65 cm à 1 mètre.

    Il y a aussi des échanges à deux qui se font avec des sabres en bois (Boken). Il s’agit de l’Aïkiken.

    Cet art martial est né le jour où un guerrier découvrit qu’il pouvait dégainer son sabre et couper d’un même geste, ce qui donnait un avantage considérable au tout premier instant d’un combat.

  • Le Roi Dragon N° 1

    Sommaire

    – Philippe – Editorial initial

    – Tony – Quelques éléments sur la langue japonaise

    – Thomas – La traversée des fleuves dans la pensée traditionnelle de l’Antiquité

    – Philippe – San Mitsu : Les Trois Mystères, Trois aspects de la Réalité Ultime

    – Mustapha – Petite randonnée « théâtre No-Aïkido » au pays des dieux

    – Philippe – Prolongements au texte de Philippe Sollers « Deviner la chine »

    – Mickaël – A la découverte du Shorinji Kempo

    – Les carnets de Serge

    Editorial

    Ce Web magazine n’est pas une revue classique, comme en témoignent son nom et l’illustration représentant Ueshiba Morihei Fondateur de l’Aïkido transfiguré en Roi Dragon. Ainsi placé sous le patronage de cette essence universelle, le magazine se destine à oeuvrer pour aider à cheminer vers la compréhension de la complexité de la pensée traditionnelle.
    Ce travail se fera à travers la plume de pratiquants de voies traditionnelles telles que l’Aïkido qui déposeront sur la toile les signes tracés par l’articulation de leur pensée.

  • N°1 – Les Carnets de Serge

    Ère Heian : La guerre fait rage entre les Oni et les forces impériales. Gen’un, un moine tout-puissant, va chercher de l’aide à travers le temps.
    Jun Tendo, un adolescent du Kyoto actuel, tout ce qu’il y a de plus normal, se retrouve traqué par un Oni. Il se réfugie dans un temple en discutant avec un moine qui lui explique la guerre de l’ère Heian, qu’il croyait tranquille, il est assaillit par des visions et s’évanouit.

  • N°1 – Thomas – La traversée des fleuves dans la pensée traditionnelle de l’Antiquité

    Dans la pensée traditionnelle de l’Antiquité, le fleuve est par excellence l’incarnation de l’obstacle infranchissable qui s’impose comme une limite à toute chose. C’est un principe qui s’explique d’abord par sa puissance incontrôlable qui pousse les Anciens à considérer les fleuves comme des divinités secondaires, dont les représentations (le taureau par exemple) insistent souvent sur leur impétuosité, et dont il faut se concilier les faveurs par un culte. Ils servent alors de barrière : nombreux sont les récits, en particulier militaires, qui parcourent cette thématique (à commencer par le fameux passage du Rubicon, franchi par Jules César avec son armée en dépit des lois romaines).

  • N°1 – Mickaël – A la découverte du Shorinji Kempo

    Le Shorinji Kempo a été fondé en octobre 1947 dans la ville de Tadotsu située sur l’île de Shikoku au Japon par Kaiso So Doshin.
    So Doshin est rentré de Chine en 1946 après la défaite japonaise lors de la 2ème guerre mondiale, il retrouve alors un pays dévasté dont il pense que les valeurs morales se délitent. Il prend conscience que tout dépend de la personne et il pense avoir un rôle positif à jouer en participant à l’éducation des jeunes japonais afin qu’ils deviennent des personnes fortes, justes, courageuses, avec un sens profond de la compassion et la justice et capable d’assumer ses convictions.

  • N°1 – Mustapha – Petite randonnée « théâtre No-Aïkido » au pays des dieux

    Quand je regarde O’Sensei Ueshiba manier l’éventail et exécutant cette sorte de danse inspirée la main gauche sur le ventre, avec ses pas qui semblent hasardeux, ses déplacements sans aucun sens en apparence…
    ses allées et venues dans toutes les directions; son visage brillant d’une joie difficile à déceler…

    je n’hésite pas un instant à y voir l’acteur ou le maître de No réalisant ce fameux Yugen qui serait l’expérience de l’indicible état d’osmose entre l’actant, son masque, la scène et les spectateurs…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*