N°13 – Jean Luc – Trop d’effort tue la voie !

Complet Article

Préserver l’expression énergétique naturelle et spontanée du Dao revient à être investie d’une mission délicate qui commence par la droiture, la sincérité, l’honnêteté et la confiance absolue en une nature universelle absolument bonne pour nourrir toutes formes de vie. On va devoir faire preuve d’humilité pour apprendre de nouveaux comportements dictés par un savoir ancestral.

S’agissant du Dao, l’initiation du disciple du taoïsme passe par l’intégration de principes comportementaux que l’on peut qualifier de droitures. La première des droitures commande de diminuer nos efforts pour nous mettre en mouvement, plus exactement de diviser l’effort physique pour amplifier les effets.

Lorsqu’il s’agit du corps notre approche de l’exercice physique reste la plupart du temps rudimentaire, en demeurant figé sur le potentiel articulaire et musculaire. Pourtant, nous devons aussi nous attacher à révéler le potentiel des fluides corporels (liquides corporels et souffles respiratoires), de l’influx nerveux qui forment un ensemble de potentiels humains (microcosme) et à d’autres potentiels (célestes et terrestres) liés au macrocosme.

L’expression macrocosmique est l’œuvre du ciel et se décline dans les potentiels conjugués du Ciel, de la Terre (Sol) et de l’Homme. C’est en décryptant chacun que progressivement nos gestes se nourrissent progressivement (étapes par étapes) de vitalités particulières divisant l’effort et amplifiant les effets.

Les effets éclairent la compréhension de la voie, c’est en mettant à profit l’influence naturelle des choses, en allant à la source jaillissante et spontanée du geste que l’on se meut. Telle une forme dressée par un souffle printanier.

C’est en diminuant le superflu, en se rapprochant de soi et des principes essentiels de vie jusqu’à une échelle macroscopique que l’on s’engage initialement sur la voie (Dao).

Publications similaires

  • N°13 – Philippe – A la découverte d’une tradition méconnue

    La tradition du Mandé, Une doctrine universelle de l’Unité
    Pourquoi n’avons nous pas donné de nom à la tradition d’Afrique Occidentale partagée par les peuples mandingues alors qu’elle est une tradition de même ampleur que le taoïsme par exemple ? Sans doute y a-t-il de multiple raisons à cela. L’absence d’écrits littéraux, la maîtrise parfaite d’à qui elle est communiquée par les peuples la vivant, le mépris que l’on porte généralement à l’intelligence des peuples africains. Notons dès à présent que l’absence d’écrits ne signifie pas qu’elle n’est qu’une tradition orale, parce qu’elle s’appuie aussi sur des systèmes de signes idéographiques très complexes mais qui ne sont pas utilisés pour retranscrire la parole. Mais sans doute est-ce la nature profondément métaphysique de la doctrine mandingue qui a empêché les chercheurs occidentaux de se l’approprier et d’en faire un “isme” pour la répertorier dans les catégories habituellement retenues, animisme, polythéisme, fétichisme, immanentisme, chamanisme, etc..

  • N°11 – Jean Luc – Le « Qi Gong » n’est pas la voie

    Dans tout ce que j’ai pu écrire précédemment : toutes ces choses ne sont que spéculations intellectuelles. Malgré, une compréhension subtile des caractères qui s’oppose à la réduction terminologique de l’occident sur la pratique, rien ne nous inscrit pourtant, ni ne nous responsabilise sur la nécessité de suivre une voie : Quelle voie (Dao)?

  • Le Roi Dragon N°13 – Un engagement total

    Sommaire

    – Un engagement total

    – Jean Luc Saby – Trop d’effort tue la voie !

    – Neko Haiiro – Le Mât du Monde

    – Philippe – A la découverte d’une tradition méconnue

    Editorial

    Roberto Alagna : “Moi je me souviens quand j’étais gamin, je fumais, je buvais un petit verre, et puis du jour au lendemain mon vieux prof m’a dit : bon écoute si tu veux faire de l’opéra il faut arrêter. Bah j’ai tout arrêté, parce que l’ordre m’a plu, parce que la passion était plus forte et donc pour moi c’est pas un sacrifice. Il faut pas boire parce que la muqueuse est très fragile, donc le vin, le champagne tout ça use un peu la muqueuse. Mais il n’y pas que ça, le café c’est pareil … Pour la voix c’est simple, tout fait mal. Le seul truc qui est vraiment efficace et qui fait du bien, c’est de se taire.“
    Ces paroles du grand ténor Roberto Alagna, nous montrent que même pour une personne dotée de dons exceptionnels, l’accès à l’état de Maîtrise d’un art demande un engagement total. Il ne nous viendrait pas à l’idée que l’état atteint par Roberto Alagna puisse surgir d’un seul coup, sans aucun effort ou par une opération mystérieuse comme le simple contact ou la simple relation avec un Maître. On se doute qu’en plus de prédispositions naturelles, il faut un apprentissage et une intégration complète des techniques de l’art.

  • N°12 – Jean Luc – Dao, une voie insaisissable

    Une voie insaisissable, mais reconnaissable par l’observation des manifestations du cours naturel de la vie.

    La pensée est toujours partiale, une photo de l’interprétation d’un instant, elle capte quelques-uns des éléments par-ci par-là pour en délaisser 10000 autres, comment pourrait-elle saisir une totalité capable de rendre compte de tous les phénomènes existants.

  • N°10 – Jean Luc – Du Qi Gong au Dao Yin taoïste (2ème Partie)

    Le principe premier de Kong Fuzi (Confucius) qui est de « rendre aux mots leur juste valeur », s’impose dans le fonctionnement correct de toutes pratiques. Pour que le fonctionnement d’une société soit sain, pour que l’efficacité d’une pratique soit en marche, nul ne peut s’abstenir de cette règle de transmission par les mots justes. Nous l’appliquerons ici sur l’expression « Qi Gong » en montrant les divers sens qui se cachent en elle, particulièrement au travers de la richesse expressive de l’écriture chinoise, nous emporte sur un vaste horizon.